La présence du noyer cendré comme indicateur d’anciens sites privilégiés par les Premières Nations ?
Bonjour ! J’utilise ici l’expression Premières Nations afin d’englober plusieurs peuples, notamment les Iroquoiens du Saint-Laurent rencontrés par Jacques Cartier (désignation relativement récente et compromis scientifique, puisque l’identité précise du groupe demeure inconnue, bien que l’on sache qu’il appartenait à la famille iroquoienne), de même que les Wendats et les Mohawks.
Il s’agit davantage de questionnements que d’un texte de vulgarisation. Je fouille un peu partout et je suis récemment tombé sur un extrait d’une étude de potentiel archéologique réalisée en 2002 à Pointe-Claire (voir la prochaine figure), qui mentionne ce qui suit :
« Les ressources forestières exercent aussi une grande influence sur les choix des groupes amérindiens de s’établir ou non à tel endroit. La composition du couvert forestier est restée sensiblement la même au cours des huit derniers millénaires, bien que la densité de chacune des espèces végétales ait sans doute fluctué au gré des changements climatiques. Les espèces présentes en 1928 comprennent de l’érable, du chêne et peut-être de l’orme et du noyer. Le noyer a toujours constitué un attrait pour les populations amérindiennes, car ses noix étaient une denrée recherchée; il en était de même pour les glands du chêne (Erichsen-Brown, 1979). Puisque le noyer est présent en bon nombre sur l’île Dorval, située immédiatement en aval, il est fort possible qu’il ait été abondant dans l’aire d’étude. »
À partir de cet extrait, la présence du noyer cendré (Juglans cinerea) pourrait-elle être considérée comme un indicateur d’anciens sites privilégiés par les Premières Nations ? J’exclus d’emblée le noyer noir introduit, puisque le texte précise que « la composition du couvert forestier est restée sensiblement la même au cours des huit derniers millénaires ».
Lors de mes visites aux parcs des Bateliers et de la Merci, ainsi qu’à l’île Perry, j’ai observé une présence particulièrement abondante de noyer cendré. Comme je l’ai déjà mentionné : « dans les vieux boisés, il s’agit normalement d’une espèce plutôt rare, disséminée ici et là. Or, dans ces secteurs, il est partout. Vraiment partout. C’est impressionnant. » Sait-on si ces sites, situés dans le vieux village de Bordeaux (aujourd’hui Ahuntsic), correspondent à des lieux anciennement privilégiés par les Premières Nations ?
Voilà pour la première question.
Deuxième question : l’étude de potentiel archéologique fait référence à l’ouvrage de Charlotte Erichsen-Brown, Use of Plants for the Past 500 Years. J’ai tenté à plusieurs reprises de me procurer une version complète en format PDF, sans succès, hormis des emprunts numériques très limités dans le temps. Y aurait-il une âme charitable qui disposerait de ce document et accepterait de le partager avec un étudiant à la maîtrise ? Il s’agirait évidemment d’un usage strictement académique et de recherche.
Merci beaucoup.
Références
Archéotec (2002). Étude de potentiel archéologique : Territoire compris entre les limites de Beaconsfield et de Dorval au sud de l’avenue Donegani (Projet de réfection des services publics, avenues Sainte-Anne et Saint-Joachim). Ville de Pointe-Claire.
Erichsen-Brown, Charlotte (1979). Use of Plants for the Past 500 years. Breezy Creeks Press, Aurora (Ontario).





Commentaires
Enregistrer un commentaire