Retour au boisé Allan’s Hill à Baie-d’Urfé
J’ai déjà écrit un petit billet à propos de ce parc boisé, que voici. Je savais que je devais y retourner, mais c’est en numérisant la superficie du boisé de 1930-1947 et en analysant les images de Google Street View que j’ai vu l’ancien couvert végétal se dessiner à travers le quartier adjacent.
J’ai donc commencé mon exploration par une dépression marécageuse située entre les numéros 8 et 14 de la rue Willowdale, mais je n’y ai rien découvert d’intéressant : aucun reliquat de l’ancienne érablière à caryer cordiforme que j’ai pourtant observée dans certaines portions du parc Allan’s Hill. Cet espace gorgé d’eau n’était d’ailleurs pas boisé en 1930, et on n’y rencontre aujourd'hui que des essences pionnières telles que le peuplier deltoïde et l’orme d’Amérique, de même que plusieurs espèces exotiques envahissantes. Soit !
Je poursuis donc mon enquête là où je l’avais laissée la dernière fois, dans l’érablière rouge en pente descendante qui s'oriente vers le parc Balsam. Un autre secteur humide, bien que plat et peu boueux, où l’on croise également des érables argentés. En regardant vers l’ouest, une petite ascension nous conduit vers un sol plus sec. C’est là que les érables à sucre font leur apparition, escortés de leurs chums : ostryers de Virginie, hêtres à grandes feuilles et chênes rouges.
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| Inventaire rapide des espèces à consulter sur iNaturalist (dont plusieurs sont issues de la succession végétale ou constituent elles-mêmes des survivantes des boisés de 1930-1947). |
Je sors du boisé pour me retrouver sur la rue Beechwood. Oh ! Traduction : boisé de hêtres, est-ce que l’appellation est toujours d’actualité ? Eh bien, à peine. Le hêtre semble peu apprécier les petites superficies des boisés urbains morcelés ; s'il était jadis présent en grande quantité (si l’on se fie au toponyme), il n’en subsiste plus grand-chose aujourd'hui. En réalité, le quartier se trouve parsemé çà et là de vestiges de la forêt de 1930, le chêne rouge s'imposant comme le grand gagnant. On y observe çà et là de superbes spécimens accompagnés de tilleuls d’Amérique. La portion ouest de la rue Beechwood est passablement pentue et les résidences surplombent la rue. Il apparaît clairement que lors de l’aménagement du secteur, on a préservé sur les promontoires les plus abrupts et les creux marécageux quelques grands semenciers rescapés de l’ancien couvert forestier.
Je n’ai pas fait le tour de tout le secteur, mais il me semble tout à fait logique d’avancer que l’on doit retrouver un peu partout dans le quartier de ces fragments de l'ancien boisé, en particulier au centre des îlots délimités par les rues Hawthorne, Birch Hill, Chestnut et Apple Hill. C’est une question ouverte adressée aux résidents : j’ai raison ou pas ?
Dernier constat désolant : j’ai repéré quatre ostryers poussant au milieu de dépôts de résidus verts illégaux accumulés dans le boisé par des riverains, lesquels contenaient des fragments de renouée du Japon, une pestilentielle espèce exotique excessivement envahissante ! Ce n’est pas parce qu'on est un peu plus riche et un peu plus instruit qu'on est plus intelligent… J’ai vu ce genre de fléau très souvent à Rivière-des-Prairies et Pointe-aux-Trembles. Il semble que les gens de Baie-d’Urfé soient tout aussi négligents ! Épouvantable !



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