Histoire du Comité de surveillance Louis-Riel (CSLR), partie 2
Pour remonter aux origines de l’histoire, lisez la première partie ici.
2004 – Appuis scientifiques universitaires et consolidation de la conservation du boisé Jean-Milot
À partir de 2004, le Comité de surveillance Louis-Riel (CSLR) se voit confier par l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve la gestion du boisé Jean-Milot, marquant une nouvelle étape dans la reconnaissance institutionnelle de son rôle en matière de protection et de mise en valeur des milieux naturels urbains.
La même année, une étude environnementale et écologique, menée en collaboration avec l’Université de Montréal, dresse un portrait détaillé du boisé Jean-Milot. Cette étude confirme la valeur écologique du site et la pertinence de sa conservation, tout en identifiant des enjeux liés aux usages, à la biodiversité et à la gestion à long terme. Ce travail contribue à arrimer les revendications citoyennes portées par le CSLR à des savoirs scientifiques reconnus, renforçant ainsi la crédibilité des interventions du comité auprès des instances municipales et des partenaires institutionnels.
En parallèle, le CSLR développe des collaborations avec l’UQAM, la Ville de Montréal et des écoles de la CECM afin de produire un guide pédagogique destiné aux élèves du primaire, portant sur la protection d’un boisé urbain. Cette initiative témoigne de la volonté du comité de lier conservation, éducation et sensibilisation, en inscrivant la protection du boisé Jean-Milot dans une démarche de transmission des connaissances et de formation citoyenne.
Référence
Benevity. (avant 2021). Comité de surveillance Louis-Riel [Page descriptive d’organisme]. https://causes.benevity.org/causes/124-141477380RR0001
Guimont, J. et al. (2004). Étude environnementale et écologique du boisé Jean-Milot. Comité de surveillance Louis-Riel, programme Éco-quartier Louis-Riel.
2004–2014 – Actions de terrain et émergence de la pensée du corridor des ruisseaux
À partir du milieu des années 2000, le Comité de surveillance Louis-Riel (CSLR) consolide sa présence sur le terrain tout en inscrivant progressivement ses actions dans une vision territoriale plus large. Le boisé Jean-Milot devient alors un lieu central d’intervention. Chaque année, environ 1 000 heures de travaux et de bénévolat y sont réalisées, incluant la taille des arbres, l’entretien des sentiers et des corvées publiques de nettoyage au printemps et à l’automne. Des activités de plantation sont également menées, avec plusieurs centaines d’arbres ajoutés au fil des ans. Le boisé est fréquenté quotidiennement par de nombreux citoyens et est désormais pleinement reconnu comme un parc de quartier auquel la population est fortement attachée.
Parallèlement à ces interventions locales, le CSLR élargit son champ d’action à l’échelle de l’arrondissement. De 2009 à 2014, il se voit confier la gestion de l’Éco-quartier Hochelaga, ce qui témoigne de la reconnaissance institutionnelle de son expertise en matière de mobilisation citoyenne, de sensibilisation environnementale et de gestion de projets de proximité. Cette responsabilité renforce le rôle du CSLR comme interface entre la population, l’administration municipale et les enjeux environnementaux urbains.
En parallèle de ces actions concrètes, une réflexion plus large sur la restauration écologique de l’est de Montréal émerge. Dès 2004, dans le cadre de l’Atelier du patrimoine urbain de Montréal, une réflexion intitulée « Ruisseaux et autoroutes : restaurer l’est » propose une vision structurante fondée sur les anciens réseaux hydrographiques. Ce document développe explicitement l’idée d’un corridor des ruisseaux, suivant notamment le tracé du ruisseau Molson (ou de la Grande-Prairie) et du ruisseau de Montigny, et anticipe des aménagements sur des sites industriels abandonnés, dont celui de la Canadian Steel Foundries. Cette réflexion préfigure les liens conceptuels entre le boisé Jean-Milot, le parc Félix-Leclerc et le parc boisé Francesca-Cabrini.
Dans ce contexte, le CSLR amorce une transition importante. Fort de son expérience de terrain et de sa reconnaissance institutionnelle, le comité entre dans une phase marquée par l’ouverture aux partenariats et par l’adoption d’une vision à plus grande échelle, où la protection ponctuelle de sites s’inscrit désormais dans la perspective d’un corridor écologique structurant, reliant les espaces verts, les boisés et les anciens tracés de ruisseaux du secteur.
Références
Atelier du patrimoine urbain de Montréal. (2009). Ruisseaux et autoroutes : restaurer l’est [Diaporama PowerPoint].
Benevity. (avant 2021). Comité de surveillance Louis-Riel [Page descriptive d’organisme]. https://causes.benevity.org/causes/124-141477380RR0001
2015–2016 – Formalisation du projet du marais Molson
En 2015, une étude floristique et écologique menée par François Lambert (Université de Montréal) met en évidence le potentiel de restauration écologique du secteur du marais Molson, au sein du parc du Boisé-Jean-Milot. Cette étude renforce une lecture hydrique et écologique du territoire, en soulignant le rôle structurant de l’ancien ruisseau Molson (ou de la Grande-Prairie) et en consolidant l’idée d’un continuum naturel entre les différents parcs et boisés du secteur.
En 2016, cette lecture écologique est approfondie par une Étude sur les oiseaux du Parc du Boisé-Jean-Milot, réalisée par Gabriel Tej, alors candidat à la maîtrise. L’étude démontre que, malgré sa faible superficie, le Boisé-Jean-Milot présente une densité aviaire exceptionnellement élevée à l’échelle de l’île de Montréal, avec près de 10 espèces d’oiseaux par hectare et 63 espèces recensées. Le rapport souligne explicitement que la restauration du marais Molson, la plantation de centaines d’arbres et d’arbustes fruitiers ainsi que la diversité des habitats constituent des facteurs déterminants pour l’augmentation future de la biodiversité aviaire du site.
Parallèlement à ces appuis scientifiques, des interventions concrètes de restauration sont mises en œuvre sur le terrain. Sous la coordination de Richard Sylvain, coordonnateur du Comité de surveillance Louis-Riel (CSLR) de 2005 à 2023, les travaux de creusage et de mise en valeur du marais Molson sont réalisés dans l’ancien lit du ruisseau. Ce ruisseau constituait historiquement une frontière territoriale entre Saint-Léonard-de-Port-Maurice et Longue-Pointe.
Les recherches historiques indiquent que, selon un procès-verbal et un plan de 1795, le ruisseau de la Grande-Prairie avait déjà été rectifié et transformé en un large fossé rectiligne, qualifié de « décharge » à l’époque, entre 1725 et 1795, dans le secteur correspondant aujourd’hui au Boisé-Jean-Milot. Ces données historiques confirment la profondeur temporelle des transformations hydrauliques du site et donnent un cadre patrimonial fort aux projets contemporains de restauration écologique.
Références
Lambert, F. (2015). Étude floristique et écologique au parc du Boisé-Jean-Milot. Rapport présenté au Comité de surveillance Louis-Riel.
Tej, G. (2016). Étude sur les oiseaux du parc du Boisé-Jean-Milot. Rapport présenté au Comité de surveillance Louis-Riel.
Plourde, F. (2025). Ruisseau de la Grande-Prairie converti en fossé (« décharge ») entre 1725 et 1795. Patrimoine naturel et territorial de Montréal, Recherches et anecdotes. https://ruisseaumolsonreferences.blogspot.com/2025/08/ruisseau-de-la-grande-prairie-converti.html



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