Histoire du Comité de surveillance Louis-Riel (CSLR), partie 1


Avant le CSLR : 1985–1991 – Reconnaissance officielle du passé de dépotoir de la vallée du ruisseau Molson et transformation progressive en parc

À partir du milieu des années 1980, le terrain correspondant à la vallée du ruisseau Molson (ou de la Grande-Prairie), situé dans le quadrilatère formé par les rues Langelier, Beaubien, François-Boivin et le Carrefour Langelier, fait l’objet d’une reconnaissance institutionnelle de son passé comme site de dépotoir et de dépôt à neige, après avoir été successivement utilisé à des fins industrielles et municipales. Cette période marque le début d’un processus de reconversion du site en espace public. Le parc est officiellement nommé parc Félix-Leclerc le 5 septembre 1990, amorçant sa transformation en lieu de détente et de fréquentation citoyenne, malgré les contraintes héritées de ses usages antérieurs.

En 1991, un rapport gouvernemental identifie formellement ce secteur comme un site contaminé de catégorie III, confirmant l’utilisation passée du lieu comme dépotoir. Cette reconnaissance officielle inscrit durablement le secteur des parcs Félix-Leclerc et du futur boisé Jean-Milot dans une lecture environnementale de longue durée, où les enjeux de contamination des sols, d’hydrologie, de gestion des héritages urbains et de restauration écologique deviennent centraux dans les réflexions citoyennes et institutionnelles. Ces constats alimenteront, par la suite, les débats et les mobilisations entourant l’aménagement, la conservation et la mise en valeur écologique de ces espaces.

Références

Environnement Québec. (1991). Gestion des lieux contaminés, no 06-8-17, catégorie III : Vallée du ruisseau Molson. Gouvernement du Québec.

Atelier d’histoire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. (2020, 9 juillet). Le parc Félix-Leclerc. Histoire MHM.


1991-1996 – Création et première mention médiatique explicite du Comité de surveillance Louis-Riel

En 1993, le Comité de surveillance Louis-Riel (CSLR) apparaît clairement dans la presse à l’occasion de son opposition à un projet de garage destiné à Longue-Pointe Chrysler, prévu en bordure du parc Félix-Leclerc, sur un secteur qui deviendra plus tard le boisé Jean-Milot. Le comité dénonce la vente à rabais d’un terrain public et mobilise plus de 900 résidents par pétition. Cet épisode marque l’entrée officielle du CSLR comme acteur important du paysage citoyen local.

Cette mobilisation s’inscrit toutefois dans une lutte plus longue. Bien qu’un parc ait été inauguré dès le milieu des années 1980 sur une partie du site (sous une autre appellation), le parc Félix-Leclerc n’avait alors ni l’étendue ni la configuration qu’on lui connaît aujourd’hui. À partir du début des années 1990, le CSLR intervient activement pour faire modifier le zonage et empêcher de nouvelles constructions, afin de préserver et d’agrandir l’espace vert. Cette bataille, qui s’échelonne de 1991 à 1998, mènera finalement à la création du grand parc Félix-Leclerc, dans sa forme actuelle, inauguré en 2000.

Il convient enfin de préciser que le CSLR se positionnait publiquement dès 1991 et qu’il se présente, dans ses communications, comme l’héritier des mobilisations citoyennes liées à la sauvegarde de l’ancienne pépinière municipale à la fin des années 1960. Cette lutte fondatrice, bien qu’ayant permis d’importantes avancées, s’est toutefois traduite par des résultats partiels, dont les effets se font encore sentir dans l’aménagement actuel du secteur.

Références

Benevity. (avant 2021). Comité de surveillance Louis-Riel [Page descriptive d’organisme]. https://causes.benevity.org/causes/124-141477380RR0001

La Presse. (1993, 7 décembre). Non à un garage en face du parc Félix-Leclerc ! La Presse (Montréal).


1996–2004 – Institutionnalisation du Comité de surveillance Louis-Riel et déploiement des interventions de terrain

À la suite de son incorporation comme organisme sans but lucratif en 1996, le Comité de surveillance Louis-Riel (CSLR) entre dans une phase d’institutionnalisation marquée par la consolidation de ses activités et par un élargissement progressif de ses champs d’intervention. À partir de cette période, le comité ne se limite plus à la surveillance citoyenne et à la mobilisation politique, mais développe une présence active et continue sur le terrain.

Le CSLR met alors en œuvre des interventions concrètes dans les espaces verts du secteur, incluant des activités de plantation, d’entretien, de gestion des espèces exotiques envahissantes, ainsi que des actions de sensibilisation environnementale et de vulgarisation scientifique. Ces interventions s’accompagnent également de la promotion d’activités de plein air et de mise en valeur des usages, telles que la marche active et la raquette, contribuant à la réappropriation citoyenne des parcs et boisés du quartier.

Parallèlement, dès 1996 et jusqu’en 2014, le CSLR conclut une entente avec l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pour la gestion du programme Éco-quartier Louis-Riel. Ce rôle renforce sa position d’interface entre la population, l’administration municipale et les enjeux environnementaux locaux. La qualité de cette gestion est reconnue par l’obtention de deux prix d’excellence, en 1998 et en 2000, soulignant le caractère exemplaire du travail accompli.

À partir de 2000, le CSLR se voit également confier par l’arrondissement la gestion et l’animation des activités du parc Félix-Leclerc, un espace alors largement déserté en raison de problèmes de vandalisme et de sentiment d’insécurité. Le comité contribue à transformer le parc en un lieu sécuritaire et attrayant, grâce à une programmation diversifiée déployée sur plusieurs années, comprenant des activités récréatives, sportives, culturelles, scientifiques, environnementales et sociales. Cette phase marque un tournant important dans l’histoire du parc, désormais pleinement intégré à la vie de quartier.

Références

Benevity. (avant 2021). Comité de surveillance Louis-Riel [Page descriptive d’organisme]. https://causes.benevity.org/causes/124-141477380RR0001

Guimont, J. et al. (2004). Étude environnementale et écologique du boisé Jean-Milot. Comité de surveillance Louis-Riel, programme Éco-quartier Louis-Riel.

Registraire des entreprises du Québec. (2026). Comité de surveillance Louis-Riel : État des renseignements. Gouvernement du Québec.

 

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