Boisé de l’Île-des-Sœurs : analyse historique
On l’a vu hier, l’Île-des-Sœurs a changé de forme : elle a grossi dès 1966, sa partie ouest ayant été remblayée avec des vidanges. Aujourd’hui, on va regarder le boisé qui était là avant l’urbanisation, avec les yeux de l’histoire. Je n’y suis donc pas allé en vrai ! Haha !
J’ai créé un beau jeu de données à partir de trois espèces indicatrices que les Premières Nations utilisaient pour se nourrir, soit le noyer cendré, le caryer ovale et le chêne rouge. Il y a d’ailleurs des sites archéologiques préhistoriques sur l’Île-des-Sœurs.
Pour ces espèces indicatrices, certaines observations récentes proviennent de iNaturalist et du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. D’autres observations ont été estimées à partir de Joyal (1964) et de l’Herbier Marie-Victorin (2026). Ces dernières estimations apparaissent d’ailleurs plus pâles sur la carte, puisqu’elles sont indiquées comme étant de faible fiabilité.
L’Île-des-Sœurs se nommait auparavant l’île Saint-Paul. À propos du boisé, Joyal (1964) nous apprend que : « Contrairement à ce que l’on serait en droit de s’attendre, ce n’est pas une érablière, Ulmus americana [orme d’Amérique] étant en effet l’espèce dominante. » De plus : « C’est un bois très humide et même marécageux au printemps… » Pour la strate principale, Joyal donne la liste suivante : érable rouge, érable argenté, frêne blanc, noyer cendré, caryer cordiforme, caryer ovale et ostryer de Virginie.
De son côté, Lacoursière (2005) nous apprend que, vers 1664, on voulait : « […] faire conserver les bois de chêne qui se trouveront sur le fief, propres à la construction des vaisseaux. » Mais on ne connaît pas l’espèce exacte : chêne rouge, chêne à gros fruits, ou autre ? Une autre fois, vers 1708, il est question de noyers, et les sœurs auraient peur de se faire voler leurs noix… Hihi ! Puis, dans les années 1970, on apprend que : « Lors de l’élaboration du projet de construction de la phase III, il a fallu changer les plans pour sauver un vieux chêne âgé d’un siècle et demi… » Mais là encore, on n’indique toujours pas l’espèce. Ben coudonc ! En fait, les histoires de chênes séculaires — comme celui mentionné en 1867 ou encore le chêne de Saint-Joseph en 1907 — reviennent souvent dans le texte de Lacoursière, sans jamais préciser de quelle espèce il s’agit. Triste !
Eh ben ! Tout ça me semble intéressant. Va ben falloir que j’aille voir ce qu’il reste de tout ça en vrai ! À la revoyure !
Références
Herbier Marie-Victorin. (2026, 5 mars). Consultation des spécimens dans la collection de l’Herbier Marie-Victorin. Institut de recherche en biologie végétale, Montréal.
Joyal, R. (1964). Étude de la flore vasculaire de l’île des Sœurs. Mémoire de Maitrise, Université de Montréal.
Lacoursière, J. (2005). L’Île-des-Sœurs : d’hier à aujourd’hui. Montréal : Éditions de l’Homme. https://archive.org/details/liledessoeursdhi0000laco






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