Quand le ruisseau Morgan dansait avec le Molson : la mystérieuse terrasse Sherbrooke en 1937
Toutes ces infos et photos proviennent d’un mémoire de maîtrise de 1937, rédigé par Lead. Le territoire présenté se trouve aujourd’hui sur le site du Village olympique, sur la rue Sherbrooke.
Triste, car Lead ne nomme pas cet affluent qui allait rejoindre le ruisseau Molson à l’emplacement des tours Lux Gouverneur actuelles… D’après mes recherches, c’était le ruisseau Morgan, mais je ne suis pas certain à 100 %. Plus récemment, cet ancien affluent est lié, de par son ancien lit, au ruisseau Fleuri dans le Jardin botanique. Premièrement, l’auteur nous montre une photo de la terrasse Sherbrooke (photo 2), avec le petit ruisseau à peine perceptible… À moins que ce soit un sentier, dur à dire. Qu’est-ce que la terrasse Sherbrooke ? Une vieille taverne, un vieux bar à la mode ? Non, c’est le souvenir du retrait du lac à Lampsilis… Plus précisément, des paliers topographiques successifs (ou terrasses) sculptés par les anciennes masses d’eau post-glaciaires.
Lead note que ce petit affluent est beaucoup plus jeune que le ruisseau Molson : il a probablement vu le jour sous la forme d’un marécage qui a commencé à se drainer, créant un jeune talweg qui a fini par se connecter au ruisseau Molson. Ensuite, Lead nous offre une autre photo (photo 3), dans le ravin traversant la terrasse, où encore une fois le petit ruisseau est à peine perceptible. Ça semble un environnement très modifié et étrange ! Heureusement, en amont, l’affluent devient plus large et plus profond, avec un débit plus rapide en raison d’une pente plus forte. L’environnement devient un véritable marécage buissonneux, une sorte de « jungle » dominée par les aubépines. C’est ici qu’apparaît une vraie flore aquatique (absente en aval) : rubaniers (Sparganium), iris, quenouilles (Typha), scirpes (Scirpus), etc. Heureusement que Lead nous fournit la photo 18 pour nous faire oublier l’aridité de la photo 3 ! Merci, Henry !
J’ai ajouté des flèches oranges à ma carte Patrimoine naturel et territorial de Montréal pour situer les emplacements fort probables du photographe, allez voir ça.
Référence
Lead, H. D. (1937). An ecological study of Molson's Creek [Mémoire de maîtrise, Department of Animal Science, McGill University]. Scholaris McGill. https://doi.org/10.82308/37448




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