Les spots de baignade du ruisseau Molson en 1937

Toutes ces infos et photos proviennent d’un mémoire de maîtrise de 1937. Le territoire présenté se trouve aujourd’hui sur les terrains de l’ancien entrepôt Molson et de l’ancien incinérateur Dickson, sur la rue du même nom.


En se rapprochant du ponceau de 1908, sous la voie ferrée du CN, le ruisseau s’élargissait. C’était la plus vaste portion du ruisseau Molson (the largest part of the Creek), avec ses 6 à 9 mètres de large (20 à 30 pieds) et une profondeur moyenne de 3 à 4 pieds, atteignant même 6 pieds par endroits, soit près de 2 mètres. Puisque j’ai vectorisé le ruisseau tel qu’il apparaissait sur les photos aériennes de 1947, je calcule avec les outils de géomatique que certains bassins atteignaient de 17 à 24 mètres de largeur ! Et c’est là que l’auteur souligne un usage local : ses parties les plus profondes servaient de « trou à baignade » (swimming hole) pour les jeunes du quartier. J’ai d’ailleurs des témoignages écrits de gens qui se souviennent que leurs parents racontaient qu’ils se baignaient à cet endroit. Et chez les francophones, on nommait ce ruisseau « de la Grive » ou « de la Grève », francisation de Greece, du nom d’une famille propriétaire d’un tronçon du ruisseau près de l’embouchure.

Le courant y était très faible au printemps en raison du grand volume d’eau que le lit permettait d’accueillir. La planche 14 montre d’ailleurs cette station au début du printemps avec une épaisse couche de glace de 20 pouces. Le fond était constitué d’un limon mou (soft silt) déposé à mesure que l’eau ralentissait.


C’était aussi un très bon spot pour la pêche ! Ça devait s’obstiner sur les berges : « Je plonge ou pas ? Je fais peur aux poissons ou pas ? » Haha ! On pouvait y pêcher de la barbotte brune (Ameiurus nebulosus), de la perchaude (Perca flavescens) et des moules, telles que Anodonta cataracta. L’auteur ajoute que les oiseaux (bécasseaux / sandpipers), les grenouilles, les grands mollusques et les sangsues (Haemopis et Macrobdella) y dominaient. Donc, les baigneurs devaient se traîner un peu de sel ! Haha !

C’est encore et toujours la Montreal Locomotive Works qui dominait le paysage en arrière-plan. Ses installations étaient du côté est de la rue Dickson. Le photographe se trouvait donc du côté ouest du ruisseau, regardant principalement vers le nord-est. C’est ce qu’indique le triangle orange que j’ai ajouté à ma carte Patrimoine naturel et territorial de Montréal.


Référence

Lead, H. D. (1937). An ecological study of Molson's Creek [Mémoire de maîtrise, Department of Animal Science, McGill University]. Scholaris McGill. https://doi.org/10.82308/37448


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