Visite de deux boisés ancestraux du cimetière Notre-Dame-des-Neiges
Sur la piste des infos contenues dans le mémoire de maîtrise de Janssen (2021) : Analyse du potentiel archéologique du versant nord du mont Royal (1698–1900). Après une visite du Mont-Royal avec les étudiants du baccalauréat en sciences de l’environnement, je décide d’aller voir ces vieux boisés, puisque je n’étais pas très loin. Les boisés du cimetière Notre-Dame-des-Neiges prennent forme à partir de la fondation du cimetière en 1854, à partir d’une forêt beaucoup plus vaste, telle que visible sur les cartes en feuillets de Sitwell et Jervois (1869).
Je m’attendais à rencontrer des gros colosses ! Mais non, bien déçu ! Il y a bel et bien quelques gros chênes rouges dans ces boisés, approchant la centaine d’années, et quelques gros érables à sucre, d’environ 70 à 80 ans, mais j’ai surtout vu de jeunes individus de 30 à 40 ans, comme si un gros ménage, de fortes coupes, avait eu lieu. Il est fort possible que les coupes des frênes attaqués par l’agrile dans la dernière décennie aient laissé ces boisés avec ce look plus jeune et éclairci. Je vous laisse avec les descriptions des boisés de Janssen (2021) qui sont tout à fait justes, en éliminant de la description les grands frênes blancs qui ne sont plus présents, donc les deux boisés sont devenus des chênaies rouges à érable à sucre. Et avant de lire ça, et je l’avais noté moi aussi sur le terrain : « [La] topographie contraste avec celle des aires d’inhumation aplanies et nivelées depuis l’aménagement du cimetière. Au nord du boisé s’élève un buton rocheux de quelques mètres de hauteur. Le second boisé [...] s’étend sur un sol modérément accidenté, qui donne un aperçu du paysage ancien de cette partie de la montagne. » (Janssen, 2021)
« Le chêne rouge, l’érable à sucre et le caryer cordiforme (Carya cordiformis) sont les trois espèces arboricoles dominantes du boisé du centre, alors que l’érable de Norvège s’installe en gaulis. Le sous-bois contient tout au plus quelques plantes et arbrisseaux. Plusieurs érables âgés et en déclin couvraient la partie nord-est et, en moindre nombre, des chênes dont un de particulièrement grande dimension en bordure du sentier principal. La partie du nord-ouest semble avoir été « nettoyée », laissant en place seulement quelques très gros arbres, parmi lesquels ont poussé beaucoup de jeunes arbres et un herbage dense au sol. Certains éléments anthropiques sont visibles : des mausolées, un sentier en fourche au milieu du boisé et une ancienne aire de pique-nique, avec barbecue et table. On ne peut manquer d’apercevoir quelques déchets datant de la première moitié du XXe siècle, dont des structures en béton, des caisses de livraison en bois et des amas de briques. » (Janssen, 2021)
« Quant au boisé de l’est, il est majoritairement composé de chênes rouges matures et de frênes d’Amérique, surplombant des gaulis d’érable à sucre et de frêne d’Amérique et des semis d’érable de Norvège. Le boisé recèle aussi quelques bouleaux à papier, et maints déchets de natures diverses, dont des planches de bois, un bol de métal et du faux gazon souvent employé autour des fosses funéraires lors des obsèques, sont dispersés dans le secteur. » (Janssen, 2021)
Référence
Janssen, V. (2021). Analyse du potentiel archéologique du versant nord du mont Royal (1698–1900) (mémoire de maîtrise, Université de Montréal), p. 77, 79–80.



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