Les boisés Windermere et Beaconsfield Heights, Beaconsfield (1930-1954)
Boisé Windermere (1930)
En explorant le boisé qui sert de cour arrière à l'école Sherbrooke Academy de Beaconsfield, j'arrive dans sa section la plus à l’est, légèrement plus surélevée. Je constate immédiatement les ravages d'un piétinement excessif : il ne reste absolument plus aucun sous-bois, exactement comme si une immense harde de cerfs de Virginie avait tout dévoré. De plus, la canopée n'est composée que d'érables à sucre, ce qui semble m'indiquer que je me trouve face à une ancienne érablière sucrée de production artisanale ou commerciale. Il me paraît évident qu'on devrait enseigner aux enfants, dans le cadre de cours d'écologie, à y aménager des sentiers en labyrinthe tout en replantant la strate arbustive qui fait cruellement défaut.
En se dirigeant vers l'ouest, on dévale une petite pente et les espèces compagnes de l'érable à sucre commencent enfin à pointer le bout de leur nez : ostryers de Virginie, caryers cordiformes, cornouillers à feuilles alternes… Heureusement ! Mais j'y remarque encore des traces de piétinement intense. Cet écosystème très endommagé me rappelle l'état des boisés Thomas-Chapais ou du Bois-des-Pères : après la pandémie, ces havres de nature avaient été sauvagement surpiétinés et ils commencent à peine à s'en remettre.
La réalité, c'est que pour préserver la vitalité de ces petits vestiges d'une vaste érablière ancienne à caryers cordiformes typique de la région montréalaise, un sous-bois dense est indispensable ! Il faut de la diversité végétale pour équilibrer la chimie des sols, stimuler les échanges souterrains et maintenir une terre à la fois humide et aérée. Voilà !
Avant de quitter les lieux, un peu en torpinouche face à cette insouciance humaine persistante, j'observe avec joie une belle présence d'érables noirs ainsi que de nombreux hybrides. Eh bien ! Voilà un autre témoin du passé, bien visible sur les photographies aériennes de la série A de 1930 signées Fairchild Aerial Surveys Co. Ltd.
Ce site mériterait amplement d'être pris en charge par un comité de riverains ou par un organisme spécialisé, tel que le Comité Écologique du Grand Montréal. Ce boisé a désespérément besoin d'amour !
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| Inventaire rapide des espèces à consulter sur iNaturalist (dont plusieurs sont issues de la succession végétale ou constituent elles-mêmes des survivantes des boisés de 1930-1954). |
Boisé Beaconsfield Heights (1954)
| Ormes rouges restant végétatifs sous les grands érables à sucre et les caryers cordiformes. |




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