Boisés Dance, Croissant et Allancroft (1930-1954)


J’utilise ici des toponymes récents pour faciliter la localisation géographique de ces boisés. Malgré son allure de parc propet, le parc Dance de Kirkland est bel et bien le vestige des milieux forestiers illustrés ici. L’étalement urbain sauvage a presque tout détruit pour ne conserver que de rares parcelles, tout en rasant le sous-bois pour rendre le tout propre et insipide. On n’y croise aujourd'hui que des érables à sucre et un hêtre à grandes feuilles. Sans structure ni trace de plantation, on fait clairement face à un ancien boisé décapé. Pour lui rendre ses lettres de noblesse, il faudrait s'empresser d'y reboiser le sous-bois et d'y introduire de jeunes ostryers de Virginie, des tilleuls d’Amérique et des caryers cordiformes.


Le secteur de la rue Croissant Wood constitue lui aussi une partie de ce patrimoine disparu. Bien que ce soit difficile à prouver hors de tout doute, j’ai l’impression qu’on s’est efforcé d'y préserver un maximum d'arbres mâtures lors du développement du quartier. On n'y observe d'ailleurs que des érables à sucre. Dans le petit boisé situé au 3, rue Croissant Wood, on voit même encore les blocs erratiques entassés à l’époque. La disposition me rappelle étrangement le ménage fait au parc Dance.

Du côté du parc Allancroft, il ne subsiste que de rares témoins du boisé d’origine, notamment des érables à sucre de bon calibre, quelques tilleuls d’Amérique et des ostryers de Virginie, rescapés de la succession végétale initiale. Plus à l’est, la dynamique change : on entre dans un milieu plus jeune, marécage printanier, où dominent le peuplier deltoïde, l’érable argenté, les saules et quelques onoclées sensibles. Le reste du terrain est malheureusement envahi par des espèces introduites comme le nerprun cathartique. C'est un triste constat pour ce qui pourrait pourtant devenir un superbe projet de revitalisation de l’ancienne grande érablière sucrée à caryer cordiforme de l’Ouest.

Inventaire rapide des espèces à consulter sur iNaturalist (dont plusieurs sont issues de la succession végétale ou constituent elles-mêmes des survivantes des boisés de 1930-1954) : 

Le tracé de ces boisés s'appuie sur la série de photographies aériennes A de 1930 (Fairchild Aerial Surveys Co. Ltd.), croisée avec l’analyse des cadastres du secteur et les clichés de 1954 de la Photothèque de la Ville de Montréal.


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