Plusieurs ajouts à ma carte et à mes futures conférences
La conférence que vous avez vue le 18 février 2026 sera évidemment recyclée. La prochaine présentation changera de format : ce sera un poster, présenté lors du congrès annuel du GeoTop, qui aura lieu du vendredi 13 au dimanche 15 mars à l’Université McGill. Je suis déjà en train d’y apporter des modifications, des ajouts, des corrections, etc. J’ai d’ailleurs retrouvé un texte de Roland Tremblay (2019) qui complète le volet Mobilité et déplacements des Premières Nations. Pour sûr que je l’avais déjà lu il y a quelques années, mais je ne l’avais pas retrouvé avant la conférence, et je me suis appuyé surtout sur l’exemple de Coppens. Ce modèle est, soit dit en passant, très intéressant ! Mais les écrits de Tremblay portent très précisément sur les Iroquoiens du Saint-Laurent. Donc, je vous présente, un à un, les nouveaux ajouts : d’abord au contenu de la conférence en mutation, puis à la carte Patrimoine naturel et territorial de Montréal.
Un (ou plusieurs ?) village(s) sur l’île de Montréal
« Il existait donc Hochelaga en 1535, situé quelque part au pied de la montagne. Il faut aussi souligner que lors de son voyage de 1541-1542, Cartier remonte encore le fleuve jusqu’à l’île de Montréal, mais cette fois son récit se complique. Il parle plutôt du village de Tutonaguy, puis de deux autres lieux habités le long de la rive du Saint-Laurent, dont le second serait vraisemblablement devant les rapides de Lachine. Certains chercheurs croient que Tutonaguy correspond à Hochelaga, mais il pourrait s’agir d’un autre village, ou encore de celui qui succède à Hochelaga, car on sait que les Iroquoiens déménageaient leurs villages tous les 15 à 20 ans. Quant aux deux autres endroits habités, ils pourraient être de petits hameaux riverains utilisés pour la pêche.
Quoi qu’il en soit, il est clair que la géographie humaine des Iroquoiens du Saint-Laurent sur l’île de Montréal ne se limite pas à un seul village. Et les données archéologiques tendent à illustrer ce fait. Par exemple, le site archéologique Dawson, au centre-ville, correspond à un village des Iroquoiens du Saint-Laurent et il a souvent été identifié comme le Hochelaga de Cartier. Mais rien, à ce jour, ne nous permet de l’affirmer. De plus, des découvertes récentes sur ce site semblent indiquer deux moments d’occupation distincts. D’autre part, plusieurs petits sites archéologiques répartis dans l’archipel montréalais témoignent d’une présence iroquoienne sur l’ensemble du territoire, autant à l’intérieur de l’île que sur les rives. On le constate nettement dans le Vieux-Montréal, à proximité de l’embouchure de la Petite rivière, là où se dresse aujourd’hui la place Royale. » (Tremblay, 2019)
Référence
Tremblay, R. (2019, 21 juin). Les Iroquoiens du Saint-Laurent. MEM – Centre des mémoires montréalaises. https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/les-iroquoiens-du-saint-laurent
Kanehsatà:ke, village wendat (1675)
Oui, ça peut sembler contre-intuitif : un village wendat portant un toponyme iroquois (Mohawk). Il faut lire l’excellente recherche de Jean-François Lozier (2014) :
« Cette contextualisation des origines huronnes de Kanesatake [Kanehsatà:ke] débute en Huronie au milieu du XVIIe siècle et se déplace aussitôt en Iroquoisie, où l’on voit évoluer des hommes et des femmes que l’on pourrait décrire comme de “Nouveaux Iroquois”, puis vers la vallée du Saint-Laurent, où ces derniers s’installent en grand nombre. […] …le présent article jette-t-il un nouvel éclairage sur ces origines méconnues, en s’articulant sur deux moments forts : la fondation de Kanesatake en 1675 et la remise en question de ses assises en 1740. » (Lozier, 2014)
Maintenant, pour ce qui est du premier emplacement de ce village, Tremblay écrit :
« Le promeneur attentif remarquera, sur le côté nord de la rue Sherbrooke Ouest, vis-à-vis de la rue du Fort, deux tours rondes en maçonnerie, percées de meurtrières et coiffées de toits en poivrière couverts de bardeaux de cèdre, juste derrière les murs du Grand Séminaire de Montréal. Il s’agit là des derniers vestiges du fort des Messieurs, aussi connu sous le nom de fort de la Montagne, qui faisait jadis partie de la mission de la Montagne, l’une des plus anciennes missions autochtones de la région de Montréal. Pour en comprendre l’origine, il faut se rappeler que les autorités coloniales de la Nouvelle-France avaient la volonté de convertir les Premières Nations et de les installer dans la vallée du Saint-Laurent en tant qu’alliées politiques. […] En 1675, des Hurons [Wendats] de la mission du Sault [La Prairie], qui veulent s’affranchir de leur condition, viennent graduellement s’installer dans le hameau… » (Tremblay, 2016)
Ce village, principalement wendat, comptait au moins une quarantaine de maisons (Tremblay, 2016).
Lors de ma conférence, j’ai utilisé le toponyme historique, même si je n’aime pas employer ce terme. Dans les ouvrages anciens, l’endroit était nommé ainsi : « Mission des Indiens [sic] sédentaires de la Montagne » (Mathieu, 1969/1991).
Pour ceux qui ne le savent pas, le [sic] est une indication placée entre crochets dans une citation pour signaler qu’un terme, une graphie ou une formulation problématique appartient bien au texte original.
Références
Lozier, J.-F. (2014). Les origines huronnes-wendates de Kanesatake. Recherches amérindiennes au Québec, 44(2-3), 103–116. https://doi.org/10.7202/1030972ar
Mathieu, J. (1969/1991). Vachon de Belmont, François. Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2. Université Laval / University of Toronto.
Tremblay, R. (2016, 22 août). La mission de la Montagne et le fort des Messieurs. MEM – Centre des mémoires montréalaises. https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/la-mission-de-la-montagne-et-le-fort-des-messieurs
Oukaouanoti, village wendat (1696)
« … c’est l’incendie qui ravage une bonne partie de la mission de la Montagne en 1694 qui déclenche ce déménagement, lequel a lieu en trois vagues successives : 1696, 1699 et 1704-1705. La mission, nommée Nouvelle-Lorette, devient alors la nouvelle demeure des Autochtones provenant de la mission de la Montagne, principalement d’anciens captifs hurons [wendats] et de leurs descendants, qui s’étaient libérés du joug des Iroquois de la mission du Sault-Saint-Louis. Ses occupants l’appellent “Oukaouanoti”, ce qui signifie “de l’autre côté de l’île”. » (Tremblay, 2016)
« … voilà que des interventions archéologiques, menées en 2017 et 2018, ont permis de localiser enfin des artefacts de la mission de la Nouvelle-Lorette, à quelques dizaines de mètres à l’ouest de l’actuelle église de la Visitation. » (Tremblay, 2016)
« Quant au village autochtone, […] il logeait une population de plus de 200 personnes et devait compter au moins une quarantaine de maisons. » (Tremblay, 2016)
Je mentionne cette présence wendate et ces déplacements forcés dans l’île lors de ma conférence. Voir la vidéo sur YouTube.
Références
Lozier, J.-F. (2014). Les origines huronnes-wendates de Kanesatake. Recherches amérindiennes au Québec, 44(2-3), 103–116. https://doi.org/10.7202/1030972ar
Mathieu, J. (1969/1991). Vachon de Belmont, François. Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2. Université Laval / University of Toronto.
Tremblay, R. (2016, 19 septembre). La mission de la Nouvelle-Lorette au Sault-au-Récollet. MEM – Centre des mémoires montréalaises. https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/la-mission-de-la-nouvelle-lorette-au-sault-au-recollet
Rapides de Lachine : 5 000 ans de présence des Premières Nations
« … les archéologues y ont découvert […] des traces d’occupations humaines qui se succèdent sur cinq millénaires, ce qui en fait, à ce jour, le plus ancien site archéologique de l’île de Montréal. » (Tremblay, 2018)
« Cet espace, devant les rapides de Lachine, constituait en quelque sorte un passage obligé, puisqu’il se trouvait sur un sentier riverain de portage. Ici, siècle après siècle, on s’est nourri et reposé, on a entretenu des feux de foyer, creusé des fosses, construit des structures et même enterré des morts. Des groupes de l’époque archaïque y sont venus, comme en témoignent leurs pointes de projectile typiques. Plus tard, vers 3 000 ans avant aujourd’hui, d’autres y ont laissé des outils fabriqués dans une pierre provenant de la région de Niagara, largement utilisée à cette époque. Plus tard encore, des vases en céramique aux styles distincts — révélateurs d’identités culturelles — ont été abandonnés sur place, parmi lesquels on reconnaît des éléments attribués aux Iroquoiens du Saint-Laurent, peu avant l’arrivée des Français en Amérique. » (Tremblay, 2018)
Référence
Tremblay, R. (2018, 30 avril). Le site de la Maison Nivard-De Saint-Dizier à Verdun. MEM – Centre des mémoires montréalaises. https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/en/node/490




Commentaires
Enregistrer un commentaire