Le trait-carré : devant ou fond de terre ? Une question qui mérite débat

Ami.e.s historiens et historiennes, bonjour ! D’après vous, est-ce que je fais fausse route dans mon interprétation du terme trait-carré ? De toute façon, comme le souligne Chouquer (2020), il existe plusieurs interprétations possibles.


Ce que j’en comprends, c’est que le trait-carré peut désigner autant l’avant de la terre que son fond. Cela dit, dans l’usage — en tout cas dans la région montréalaise — il semble souvent renvoyer au trait d’arpentage situé au fond des terres, là où, dans certains cas, on a même aménagé un chemin du trait-carré, généralement dans un secteur encore boisé. C’est du moins ce que j’ai souvent entendu, et c’est aussi l’interprétation que je fais du procès-verbal de Lanouillier de Boiscler (1733).


Ce que je vous montre ici, c’est une portion de la carte de Jobin de 1834, où l’on distingue clairement des boisés au fond des terres, comme le mentionne Loewen (2009) : « Les censitaires défrichent et cultivent les terres près du chemin de desserte, en laissant une réserve de bois à l’extrémité arrière de leurs lots. »

Mon point est le suivant : il était prévu un droit de passage seigneurial au fond des terres, au niveau du trait-carré, un axe qui deviendra beaucoup plus tard, dans l’est de Montréal, le boulevard Henri-Bourassa, puis l’autoroute 40.

Références

Chouquer, G. (2020). Une forme planifiée originale à Québec : le “trait carré”. https://manoma.hypotheses.org

Jobin, A., & Bourne, A. (1834). Carte de l’ile de Montréal designant les chemins publics, les paroisses, les fiefs et les villages qui s’y trouvent, le canal de Lachine, les différentes parties de l’ile qui ne sont pas encore en état de culture. Collection Saint-Sulpice. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Lanouillier de Boiscler, J.-E. (1733, 6 juillet). Procès-verbal de la seigneurie de Boucherville portant règlement des chemins [Manuscrit]. Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Loewen, B. (2009). Le paysage boisé et les modes d’occupation de l’île de Montréal, du Sylvicole supérieur récent au XIXe siècle. Recherches amérindiennes au Québec, 39(1-2), 5-21.

Vachon de Belmont, F. (1702). Description général[e] de l’isle de Montréal divisée par costes [Carte manuscrite]. Archives de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, Paris (MS 1198). 

Commentaires

Articles les plus consultés