Analyse rapide du parc boisé Angrignon 🌳
Avec mon ami Patrick, on est allé voir le parc boisé Angrignon. Toutes les intuitions que j’avais sur ce parc – après vérification et recherche – étaient fondées !
Premièrement : les étangs.
En comparant une photo aérienne de 1954 avec une photo satellitaire récente, je voyais très bien qu’on avait affaire à un ancien creux marécageux creusé de main d’homme pour créer les étangs. Et effectivement : c’est le cas !
« Selon François Arteau du groupe Les amis du parc Angrignon, qui étudie présentement l’histoire du parc en vue de son centenaire, […] les étangs du parc Angrignon ont été entièrement créés de main d’homme entre 1956 et 1958. » (Legault, 2024)
Deuxièmement : l’érablière.
Je m’attendais à tomber sur une érablière à caryer cordiforme (sans même avoir vérifié avant). Et boum ! Exactement ça : érable à sucre en masse, érables noirs aussi (vous vous souvenez, cette espèce très proche de l’érable à sucre avec qui elle peut s’hybrider) !
On est vraiment dans la forêt montréalaise ancestrale typique : caryers cordiformes, caryers ovales, hêtres à grandes feuilles, charmes de Caroline, noyers cendrés, bouleaux jaunes, chênes rouges… Quelle belle nouvelle !
Et en marchant sur place, on voyait que certaines parties du boisé avaient probablement servi d’érablière pour la production de sucre : de gros érables à sucre partout, comme si on avait fait le ménage jadis pour favoriser leur croissance.
Devinez quoi ? C’est confirmé : il y avait une cabane à sucre au parc Angrignon !
« Dans la partie Est du parc, une grande forêt d’érables existait et une cabane à sucre était installée pour la production de sirop d’érable. » (Mouvement pour des corridors verts, 2012)
On sait aussi que « les terrains où il y avait une érablière avaient été acquis des familles Crawford et Aubertin ainsi que de la Greater Montreal Land Co. » — accompagné d’une photo légendée « Érablière dans le parc Angrignon dans les années 1920 », tirée du site Angrignon (2002).
Et ce n’est pas tout !
Je viens aussi de voir sur le blogue de Roger Latour (Flora Urbana) qu’on trouve dans le boisé :
– de l’érable de Pennsylvanie
– et même une espèce rare : le dirca des marais ! (Latour, 2014)
Wow ! Je joins ses photos.
Vous le savez, je suis à l’université, et mon projet de maîtrise s’appelle Le palimpseste urbain. Je reconstruis les forêts anciennes de Montréal, notamment celle décrite par André Jobin en 1834… et me voilà enfin rendu à explorer l’Ouest de l’île ! 😄🌲
Références
Angrignon, G. (2002). Angrignon [Page Web]. Angrignon.ca. https://www.angrignon.ca/gene/indexg1a.html
Jobin, A. (1834). Carte de l’île de Montréal désignant les chemins publics, les paroisses, les fiefs et les villages qui s'y trouvent, le canal de Lachine, les différentes parties de l’île qui ne sont pas encore en état de culture [Carte géographique]. BAnQ. https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/2243990
Latour, R. (2014, 4 octobre). Encore à Angrignon. Flora Urbana. https://floraurbana.blogspot.com/2014/10/encore-angrignon.html
Legault, L. (2024, 21 novembre). Suivre la rivière Saint-Pierre à la trace (suite) [Article Web]. Les Amis du Parc Meadowbrook. https://lesamisdemeadowbrook.org/uncategorized/suivre-la-riviere-saint-pierre-a-la-trace-suite/?lang=fr
Mouvement pour des corridors verts. (2012, juin). Mémoire sur l’agriculture urbaine : Proposition de création de jardins collectifs sur les terrains de l’institut Douglas et dans le sud-ouest de l’île de Montréal. Mémoire présenté à l’Office de consultation publique de Montréal.




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